Rapport annuel 2019 – l’ultime année d’une augmentation des enfermements ?

L’année 2019 a connu l’enfermement d’un plus grand nombre de personnes en séjour illégal que l’année précédente. Il en ira autrement en 2020 : c’est déjà certain dès maintenant puisque des centaines de détenus ont été libérés cette année durant les mois de mars et avril du fait de la crise sanitaire, et il n’y a eu que très peu de nouvelles détentions. Les enfermements vont-ils reprendre à nouveau de la même manière, à présent que la situation revient peu à peu à la normale ? Pour le moment, nous en sommes réduits aux conjectures.

En 2019, le JRS Belgium a parcouru tout un chemin. L’équipe a passé plusieurs journées en commun pour fixer ses priorités. Voici, en bref, sa conclusion : le JRS Belgium va se concentrer sur l’enfermement des migrants, mu par la conviction qu’il est possible de faire autrement. Parce que nous savons que la détention peut être remplacée par d’autres mesures qui font davantage appel à la collaboration, nous développerons le thème des alternatives à la détention et nous interpellerons les autorités en vue de leur application sur une plus grande échelle.

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Le JRS Belgium découvre, dans chacun des centres fermés, des difficultés spécifiques. Leur fil rouge, c’est que l’enfermement conduit à des atteintes superflues à la dignité humaine. A Bruges, on enferme souvent des migrants en transit. Près de l’aéroport, le centre est surtout employé pour enfermer des demandeurs d’asile, alors que l’enfermement systématique des demandeurs d’asile est interdit. A Merksplas, une nouvelle aile a été construite pour la somme de 500 000 euros alors que, jusqu’à présent, elle n’a pratiquement pas servi.

Mais l’enfermement des enfants est l’événement qui a probablement suscité le plus de controverses, l’année passée. Près de 50.000 personnes ont signé la pétition qui s’y opposait. En finale, le Conseil d’Etat a décidé qu’un tel enfermement devait être arrêté, au moins provisoirement. Entre-temps, les maisons de retour continuent d’exister et le JRS continue à y faire des visites : dans ces maisons ‘ordinaires’, les familles attendent l’issue de leur procédure en vue d’obtenir un titre de séjour.
Ce que nous retenons de plus important, c’est la rencontre des gens que nous visitons. Leur joie lorsqu’ils sont autorisés à rester, leur frustration d’être enfermés durant plusieurs mois et leur volonté d’aller de l’avant sont les raisons pour lesquelles l’équipe du JRS Belgium donne chaque jour le meilleur d’elle-même.

Le rapport annuel est aussi disponible en pdf :

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