‘Enfin, nous pouvons respirer à nouveau’ : l’histoire de la famille Kattan

Enfin, nous pouvons respirer à nouveau

Ibrahim : ‘Ce fut une période épuisante pour nous. À notre arrivée en Belgique, nous avons d’abord séjourné quelques mois dans un centre d’asile à Lanaken. Nous avons ensuite abouti dans un immeuble à Bruxelles, où toute la famille vivait dans une petite pièce. Ce fut très difficile. Grâce à l’aide d’une connaissance, nous sommes entrés en contact avec un·e bon·ne avocat·e à Anvers. Nous avons alors déménagé à Deurne, où nous vivons actuellement. Avec l’aide de l’avocat et le soutien d’un accompagnateur de JRS, nous avons décidé de déposer une nouvelle demande de régularisation pour raison humanitaire. Pendant des mois, un accompagnateur est venu chez nous pour aider avec différents aspects de notre demande : il a recherché avec nous les bonnes informations, nous a aidés à établir et à remplir des documents, nous a accompagnés au VDAB, nous a soutenus dans la communication avec les écoles de nos enfants, nous a aidés à remplir les papiers de la mutuelle… Il nous a aidés à tout mettre en ordre, à garder une bonne vue d’ensemble et à passer en revue nos options. Ce fut pour nous une aide inestimable.’

 

Nouad : ‘Après avoir lutté pendant des années pour obtenir un permis de séjour, c’était difficile : notre santé mentale et physique s’est détériorée. À cause de l’incertitude et de l’inquiétude pour l’avenir de nos enfants, je glissais doucement vers la dépression et mon mari a eu des problèmes cardiaques. Nous n’avions plus la force de nous plonger dans notre demande. Mais grâce à l’aide de JRS et de notre avocat, nous avons retrouvé des perspectives d’avenir. Nos enfants ont grandi ici. Ils vont à l’école ici, parlent couramment néerlandais, ont des amis dans le quartier,… Pour eux, il était absolument essentiel que notre situation ne change plus et qu’ils aient toutes leurs chances ici.’

Ibrahim : ‘Un retour au Liban, où la vie est très difficile et dangereuse, n’était pas possible. L’accompagnateur de JRS a toujours été honnête avec nous. Il ne nous a jamais donné de faux espoirs et est toujours resté réaliste. On a apprécié cette façon de travailler. On sait ainsi exactement à quoi s’en tenir. Il n’a pas lâché notre dossier et a continué à se battre. Maintenant que nous avons enfin notre permis de séjour, nous pouvons peu à peu penser à notre avenir. Même s’il faut toujours s’habituer. Notre vie était en pause depuis 11 ans. Désormais, nous pouvons enfin respirer un peu et regarder vers demain, avec prudence. En tant que nouveaux arrivants, il est important d’apprendre rapidement comment fonctionne la loi ici, quelles sont les habitudes, comment marche le système,… JRS nous y a beaucoup aidés.’

Nouad : ‘Ces dernières années en Belgique n’ont pas été faciles, mais nous avons reçu beaucoup d’aide d’autres personnes. Nous voulons maintenant rendre la pareille. J’aimerais travailler dans une maison de repos pour aider des personnes âgées, ou des personnes sans famille. Une famille qui manque, je sais ce que c’est !’

 

Ibrahim : ‘Je suis chef de cuisine et j’ai créé un collectif avec quelques amis, migrants eux aussi. Nous travaillons avec des surplus alimentaires et cuisinons lors d’événements d’associations et de projets sociaux. Nous essayons ainsi de lutter contre le gaspillage alimentaire et d’aider des personnes vulnérables.’